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A propos de l’oeuvre d’Uffe
Christoffersen Dans le
monde de l’art danois des années soixante-dix, c’était comme si chacun
attendait que quelque chose arrive. La peinture contemporaine partait
dans tous les sens. Beaucoup ressentaient une certaine lassitude.
Puis il y eut le groupement Violet Sol qui apparut tel une explosion et
apporta un souffle nouveau, balayant les « unes » de l’art. Une forme de
néo-expressionisme qui se jouait des idées reçues, séduisante et
amoureuse des couleurs ; cela n’avait pas été vu depuis la révolution
apportée par Cobra.
L’une des figures de proue de Violet Sol était sans conteste Uffe
Christoffersen. Il était surtout connu pour ses tigres. A la fin des
années quatre-vingt, Violet Sol ferma définitivement boutique, à la
grande déception de beaucoup. Certains de ses membres disparurent de la
scène. Pas Uffe Christoffersen : Il continua la poursuite de son motif,
avec un enthousiasme égal.
On dirait qu’il ne peut plus s’arrêter de peindre. Il est clair qu’il
possède un surplus d’énergie, que l’on ne voit que rarement dans le
monde de l’art. Il peint toujours des tigres -dans tous les coloris,
avec toutes sortes de rayures. Une pensée amusante se présente toujours
quand on les observe plus soigneusement : Peut-être que le tigre n’est
pas le motif central (même si la symbolique est remarquablement précise).
Peut-être que ce sont tout simplement les couleurs qui constituent le
motif principal d’Uffe Christoffersen ?
Ce soupçon ne l’empêchera certainement pas de dormir. Car c’est
précisément dans les couleurs et le choc des contrastes, que son art est
parmi les plus sauvages et vivants qui existent de nos jours. On
s’étonne toujours de le voir représenter un tigre comme si c’était la
première fois. De manière crue, spontanée, avec des couleurs sensuelles
et brûlantes, comme si elles avaient apparu sous le soleil le plus
torride de la jungle africaine.
On le voit dans sa dernière série, fraîchement arrivée à la galerie
Birch : Rouges, verts, bleus, oranges, ocres... Les tigres feulent leurs
contrastes. Chacune des nouvelles peintures piaffe sur sa toile, comme
une force indomptable. Une toile d’Uffe Christoffersen est tendue comme
un ressort, comme si même la couleur avait été captée juste avant un
mouvement violent. Tout est prêt à bondir : rugissant et mordant. Le
tigre est une métaphore de la sauvagerie qui est au coeur de la nature.
Rien de maîtrisable. Effrayant et jouïssif.
Un tableau d’Uffe Christoffersen est une attaque en règle de tous les
sens. Beau et violent à la fois. Ce n’est pas une bonne idée de lui
tourner le dos.
La couleur des rayures du tigre ? Allez voir par vous-même !
Ole Lindboe
Journaliste au magazine Kunst, et pour Kunst i öjet, magazine artistique
sur DK4 (Télévision)
2004
Trad. Anna Christoffersen
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