| CARNIVORA Thomas Kappel |
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UFFE CHRISTOFFERSEN - UN PEINTRE DANOISE U ffe Christoffersen est né le 13 octobre 1947 à Copenhague. De 1954 à 1958, il habite en Afrique de l'Est, d'abord endehors de Nairobi, puis à Dar-es-Salaam. Au Kenya, la famille habite dans une maison située au milieu de terres incultes, la haute herbe jaune commence là où le jardin s'arrête. Les animaux sont toujours proches - la nuit on peut entendre le cri des hyènes et le léopard rôde autour du jardin.Après ces années africaines, son père reprend son travail de capitaine au long cours et Christoffersen a alors la possibilité de l'accompagner au moment des vacances scolaires. Au cours d'un long voyage sur les côtes atlantiques américaines, il découvre différentes sortes de poissons et autres animaux marins et pêche le requin. Cet étroit contact avec la nature, avec les images qu'elle renferme, sera un élément important de sa peinture. A l'âge de dix-huit ans il commence
à envisager une carrière de peintre. La visite d'expositions éveille son
intérêt pour l'art. Il découvre aussi qu'il se sent attiré par la peinture:
le fait même de passer la peinture sur la toile le fascine. Au cours des années 1969-73,
Christoffersen continue ses études chez Egill Jacobsen qui faisait partie
du groupe abstrait avec les peintres de Cobra dont Asger Jorn. Uffe
Christoffersen reconnait volontiers que la tradition danoise a eu une
grande influence sur lui, mais qu'il ne s'est cependant jamais senti
attiré par l'abstraction pure, alors que la figuration a toujours été pour
lui un élément important. Les années à l'Académie des Beaux-Arts,
en-dehors même de l'enseignement, ont été particulièrement fructueuses. La
prospérité de la fin des années 60 et du début des années 70, donne aux
élèves de bonnes possibilités pour expérimenter dans différents domaines.
Les élèves pouvaient dessiner d'après modèle dans un bon atelier et avec
de l'excellent matériel. Pour Uffe Christoffersen, l'Académie représentait
également un milieu très enrichissant: le contact des autres élèves, les
différents échanges d'idées et un milieu très stimulant étaient autant
d'aspects positifs.
Fig.1. Sans titre, 122 x 122 cm. huile sur isorel.
1973. Les peintures-collages La percée d'Uffe Christoffersen s'est fane à vrai dire
avec sa première exposition personnelle à la galerie Henning Larsen à
Copenhague. Ses peintures étaient des sortes de collages, cartes postales,
coupures de presse et dessins, formant, dans une composition à la fois
libre et pleine de fantaisie, la base même du tableau. Animaux en cage Uffe Christoffersen continue sa
formation: après l'école de peinture, il commence des études dune durée de
deux ans à la section pédagogique de l'Académie des BeauxArts. »Animaux en
cage« FIG 2 a son origine dans le sujet d'un examen en 1974.
Christoffersen s'était rendu au jardin zoologique pour étudier les bêtes
féroces. Ce fut sa première rencontre avec le tigre. Le tableau est composé de façon tout à fait classique avec la partie centrale où se trouve l'animal et un arrière-plan très pâteux qui clôt l'espace pictural. Les barreaux constituent à la fois un premier plan, mais ferment aussi l'espace sur lui- même: nous regardons au-dehors, à travers une barrière.
Fig.2. Animaux en cage, 61 x 122 cm. huile sur
toile. 1974. Peintures aux couleurs de terre Christoffersen s'est toujours
intéressé à la composition chimique des couleurs, à la fabrication des
pigments et à leur mélange. Pendant huit années, de 1975 à 83, il
travaille au laboratoire technique de l'Académie des Beaux-Arts auquel
s'adressent notamment les restaurateurs. En 1980, Christoffersen visite une carrière de terre de Sienne près de Larnac, à Chypre. De ces deux excursions, il ramène des échantillons de couleur. Les couleurs sont alors broyées dans de l'huile de lin et utilisées dans plusieurs séries de tableaux, où il s'attache aux qualités spécifiques de ces couleurs. Dans ces tableaux, les motifs sont
généralement des animaux, mais parfois aussi des figurines de terre cuite.
En outre, il utilise souvent des visages humains, comme par exemple dans »
Tétes à même hauteur d'oeil« FIG 3. Il s'agit d'un autoportrait de
Christoffersen, vu à une certaine distance.
Fig.3. Têtes à même hauteur d'oeil, 122 x 200 cm. huile sur toile. 1980.
»Ursus« FIG 4 représente un ours que
Christoffersen a vu au parc zoologique de Larnac. Il se tenait immobile au
plein de la chaleur de midi - modèle de bonne tomposition qui se laissait
volontiers examiner.
Fig.4. "Ursus", 120 x 170 cm. huile sur toile. 1982.
Au cours d'un séjour à Helsinki, Christoffersen se rend au Musée d'Histoire Naturelle de la ville où il s'attarde tout particulièrement dans les salles où sont exposés les squelettes des grands mammiferes. L'anatomie des animaux l'a toujours intéressé. C'est en la maîtrisant que l'on obtient la liberté nécessaire à l'expression finale. »Squelette d'éléphant« FIG S, peint durant ce séjour, est exécuté dans une technique à tempera où les couleurs brutes - ocre brûlé et caput mortuum - sont mélangées à la caséine. Le squelette de l'éléphant intéressait Christoffersen à cause du contraste entre les os souples et élégants de certains des membres et la lourde constitution de l'animal vivant. Le crâne est très particulier: comment peut-on, en le regardant, imaginer les grandes oreilles caractéristiques et la trompe ? Uffe Christoffersen a utilisé, pendant pratiquement toute sa carrière de peintre, les fauves comme principal motif. Au Danemark, on l'a surnommé le peintre de tigres, depuis qu'il s'est attaché, à partir du milieu des années 70, à exprimer les traits physiologiques et psychologiques des grands félins. Au cours de ces années-là, la confrontation directe avec les tigres était pour lui un élément important. Les animaux sont alors décrits de façon naturaliste, tels qu'ils sont et tels qu'ils vivent dans leur cage.
Fig.5. Squelette d'éléphant, 180 x 260 cm. huile sur toile. 1982 - 83.
»Tigre proche« FIG 6 de 1984 est
ainsi une peinture tout à fait figurative. Christoffersen ne se contente
pas d'un corps rayé, mais décrit soigneusement la face de l'animal. On en
reconnait clairement les bajoues blanches bien caractéristiques, les
sourcils, le museau et le menton. »Tigre proche« est une sorte de sublimation du travail naturaliste avec les fauves et surtout avec les couleurs terre. Il est difficile d'aller au-delà dans cette voie et »Tigre proche« est en quelque sorte une culmination de l'art de Christoffersen, on peut dire aussi un tournant.
Fig.6. Tigre proche, 118 x 160 cm. huile sur
toile. 1984. Kunstmuseet Trapholt, Danemark. Peintures expressives et jaune cadmium Bien que »Téte de tigre orange« FIG
7 date, tout comme »Tigre proche«, de 1984, l'expression en est tout à
fait différente. Chritoffersen a maintenant abandonné les couleurs terre
et utilise à la place le jaune cadmium qui donne des effets très
différents. L'éclat aussi des couleurs est autre car le cadmium n'a pas la
tactilité de l'ocre. Il en est de même du motif: l'animal auparavant calme
et harmonieux est devenu beaucoup plus actif et expressif. Les couleurs
vives constituent une sorte de signalement, mais rappellent aussi les
Fauves et Franz Marc dans l'utilisation des couleurs pour exprimer des
sentiments.
Fig.7. Tête de tigre orange, 120 x 160 cm. Huile sur toile. 1984.
Christoffersen commence »Culbute«
FIG 12 dans l'été 1987, à la campagne, alors que le blé doré arrivait à
maturité -couleurs jaunes dans la vive lumière du mois d'août. Il y
travaille pendant un an, période à la fin de laquelle il se décide de
donner à ses trois toiles la forme d'un triptyque. Les trois positions au
sein de la même composition marquent une sorte de scénario, un mouvement,
de la même façon que le taureau bondissant de »la fresque au toréador« du
musée d'Hérakleion en Crête.
Fig.12. Culbute, 160 x 360 cm. huile sur toile. 1988.
»Désir charnel« FIG 8 de 1988 est
inspiré par les aquarelles de Gustave Moreau, en particulier le motif »Léda
et le cygne«. »J'ai bâti ma propre mythologie à l'aide de quelques symboles qui figuraient également dans mes oeuvres antérieures: l'ange qui plâne librement dans la partie supérieure du tableau, c'est l'innocence; en bas, dans le coin à droite, on voit le serpent qui symbolise le désir et qui est en train de se battre avec le fauve. Le cheval qui se dresse au-dessus des combattants représente érection, puissance et virilité. Au-milieu figure la beauté, composée de coups de pinceau blanc et bleu translucide. Le monstre en face est à la fois son adversaire et son compagnon. Il s'agit là d'une scène avec des
acteurs qui agissent et sont liés les uns par rapport aux autres. C'est
pourquoi il est possible, à partir de là, de dérouler le scénario d'une
véritable histoire.
Fig.8. Désir charnel, 245 x 300 cm. Huile sur toile. 1988.
Uffe Christoffersen a réalisé un certain nombre de décorations, à la fois pour des societés privées et pour des institutions publiques. La plus connue est bien certainement son »Bus tigre« FIG 9 pour la societé de transports en commun de Copenhague, HT
Fig.9. Bus tigre, 1987 - 95, Copenhague, Danemark. Christoffersen a utilisé le jaune vif de la societé d'autobus comme couleur de base, avec en plus du noir et du blanc. Il était important que le bus puisse apporter un message graphique bien clair. On ne le voit en effet que pendant quelques secondes et on n'a guère le temps de s'y approfondir comme c'est le cas avec les décorations murales. Le jaune mis à part, l'autobus a été entièrement peint par Christoffersen. C'est justement ce qui distingue »le bus tigre« d'autres réalisations semblables où l'artiste exécute un modèle qui est ensuite réalisé par des professionnels. Christoffersen a dessiné quelques esquisses préparatoires pour pouvoir fixer la tomposition dans son ensemble. Cependant, il était obligé de garder en tête l'ensemble de la composition, étant donné qu'il ne pouvait travailler, dans le garage, que sur une petite surface à la fois. Il a fallu, pour la peinture proprement dite, une dizaine d'heures au cours desquelles Christoffersen a dû grimper sur des échelles et se promener sur le toit de l'autobus: on doit en effet pouvoir contempler l'autobus d'un quatrième étage. »Le bus tigre« est ainsi un exemple
bien expressif d'art appliqué. La composition comprend à la fois l'autobus
dans son ensemble sous l'apparence d'un gros tigre et les deux côtés avec
des éléments figuratifs. Sur le devant domine le museau blanc et sur la
partie antérieure, on voit la gueule bien caractéristique du fauve.
Décoration du passage souterrain Albertslund est une ville nouvelle située dans la banlieue de Copenhague et datant, dans son ensemble, du début des années 60. Le plan urbain est basé sur la séparation presque totale du trafic lourd et léger. Cependant, cette belle théorie n'a pas vraiment été mise en pratique: les murs en béton des passages souterrains, en particulier, couverts de graffiti, donnaient un sentiment d'insécurité. Beaucoup de gens avaient peur de circuler dans ces tunnels. La commune d'Albertslund a alors
décidé de remédier à cette situation et a demandé à Christoffersen, en
1989, de décorer le viaduc qui va d'Albertslundsvej à Kanalgade FIG 10. Le
tunnel a été peint en blanc et l'éclairage a été amélioré à l'aide de
spots. Parallèlement au trottoir coule un canal et, sur le mur de derrière,
Christoffersen a peint une frise de 26 m de long. La décoration est une véritable
promenade dans la jungle. De gauche à droite, on voit un lion ressemblant
à un sphinx, quelques tigres alertes, quelques babouins en train de jouer
et un troupeau d'éléphants en marche. C'est vers la droite que la scène
devient dramatique et elle se termine avec un tigre avalant un crocodile:
un motif inspiré de Delacroix.
Fig.10. Décoration monumentale Copenhague, Danemark. 26m. 1989.
La rentontre des chiens Provence A la fin des années 80, Uffe
Christoffersen décide de quilter le Danemark avec sa femme, le peintre
Annette Hoff-Jessen, et sa fille Anna, non pas parce qu'il était mécontent
de sa situation et de ses possibilités dans son pays natal, mais parce
qu'il souhaitait aller de l'avant et chercher de nouvelles sources
d'inspiration. Les chiens sont les premiers animaux
que l'on rencontre lorsqu'on se promène dans les terres méridionales. Ils
font tout simplement partie de chaque mas et les Christoffersen
s'empressèrent eux aussi d'adopter un berger allemand. Les autres chiens réagissent par
rapport à cette figure principale: le fait que le chien du premier plan
soit attiré par quelque chose les rend tout éveillés. Le chien jaune dans
la partie supérieure du tableau est peint sans aucun détail, un peu comme
une silhouette.
Fig.11. Les chiens de Provence, 89 x 116 cm.
huile sur toile. 1991. Les sangliers-tigres -méthode de travail »Les sangliers-tigres« font partie d'une série de 19 peintures avec le même titre. Ils sont composés de mots et combinaisons de mots tels que sauvage, sanglier, cochon tigre, tigre sauvage, tigre, etc. La série a été exposée à la galerie Asbæk à Copenhague au printemps 1992. La méthode de travail de Christoffersen n'a pas changé au cours des années. Il y a toujours, à la base de ses tableaux, un important travail préparatoire que l'on peut suivre, des esquisses et aquarelles jusqu'à la version finale. Christoffersen a lui-même expliqué sa méthode: »D'abord il y a une période où je cherche mon motif: nature, collections des musées, cartes postales, mass-média, tout cela fait naître des impressions. Puis arrive le moment de dessiner, de faire les esquisses, les expériences avec les couleurs. Après un mois, je trie les esquisses. Pendant la phase préparatoire, beaucoup de tableaux apparaissent - souvent par groupes de 20-30 à la fois. Je peux ensuite commencer les dessins à proprement parler. La composition est déterminée de façon très précise avant de commencer le travail sur la toile. Il peut bien y avoir quelques modifications quand je me trouve devant le chevalet, mais bien qu'il m'arrive parfois de m'éloigner un peu du point de départ, il faut que j'aie constamment un schéma devant les yeux. Je dois toujours connaître mon but et les moyens que je souhaite utiliser.«
Fig.A. Jean-Baptiste Oudry: "Hallali du loup",
1725. Extrait du livre Anthologie du loup. Les collections des musées avec de grands peintres animaliers tels qu'Eugène Delacroix, Théodore Géricault et George Stubbe sont toujours les principales sources d'inspiration de Christoffersen. Cependant, dans la série des »sangliers-tigres«, il s'est inspiré de peintres moins connus du XVIIIème siècle, tels que Jean-Baptiste Oudry, Alexandre- François Desportes et Carl Andreas Ruthart. Il s'agit de scènes de chasse avec des loups, des chiens et des sangliers dans de violents combats. Le tableau d'Oudry »Hallali du loup« qui date de 1725 FIG A, a servi de modèle au »Sangliertigre« FIG 13. Christoffersen en a trouvé la reproduction dans le livre de Jean-Jacques Brochier »Anthologie du loup et autres carnassiers«. Il a découpé les reproductions FIG A puis quadrillé les parties centrales les plus dramatiques pour enfin les transposer sur le papier FIG B. Un sanglier a pris ici la place du loup.
Fig.13. Sanglier-tigre, 128 x 161 cm. huile sur toile. 1992.
Fig.C. Esquisse, Sanglier-tigre, crayon et encre
de chine. Le dessin est transcrit sur l'envers
du papier FIG C, formant ainsi dans cette première phase le modèle de deux
tompositions. Dans la première, les chiens arrivent à droite et semblent
renverser le sanglier. Dans la composition inversée, le sanglier semble se
défendre avec beaucoup plus de force. Au lieu d'être attaqué par surprise,
il se rue sur la meute.
Fig.D. Esquisse, Sanglier-tigre, crayon. Dans l'esquisse suivante FIG D, on s'aperçoit que les chiens de chasse sont devenus des tigres: les corps des chiens peints en une seule couleur manquaient de dimension spatiale. Ils constituaient de trop grandes surfaces uniformes et semblaient presque bidimensionnels. Dans l'aquarelle FIG E, le pinceau a remplacé le crayon et la composition linéaire est devenue plus libre, plus expressive. Les membres représentés de façon si précise dans les esquisses au crayon, avec tous les moindres détails anatomiques, ont été simplifiés.
Fig.E. Esquisse, Sanglier-tigre, aquarelle. Dans la peinture finale, c'est surtout le mouvement qui est mis en valeur. C'est ici que Christoffersen prend ses distances par rapport à ses précurseurs: les loups et les chiens d'Oudry sont, avec tous leurs détails, comme figés dans une position qui rappelle celle des animaux empaillés. »C'est justement la représentation du mouvement réel qui est mon but«, explique Uffe Christoffersen. »J'ai uniquement représenté les membres qui me semblaient nécessaires pour rendre ce mouvement. Dans les peintures du Moyen-Age, on peut voir quelque chose de semblable quand un troupeau de moutons avec quatre têtes n'a en tout que sept pattes. Il n'est pas nécessaire d'en représenter davantage: bien au contraire, un nombre exact de pattes porterait facilement à confusion. De même, la petite tête qui apparait juste au-dessus du dos du sanglier, peut sembler détachée du corps. Elle a son origine dans une tomposition d'Oudry, mais je me suis aussi inspiré de masques africains où une petite bête, ou un esprit, sont parfois assis sur le visage. Ou encore, »La tête de chat« de Paul Klee avec la petite souris au sommet de la tête, en-dehors du champ de vision, mais cependant présente. La composition est basée sur des
diagonales, des sortes de lignes fuyantes dans un paysage en perspective
qui entraînent le regard dans l'espace pictural. Les zones sombres en-haut
limitent l'espace et trouvent leur contre-partie dans les zones claires
en-bas du tableau. C'est un élément qui se retrouve dans toute la série,
notamment dans les trois exemples mentionnés FIG 13-15. Les silhouettes
des animaux sont peintes avec des couleurs vives et pures, utilisées par
Christoffersen au cours de ces dernières années. L'effet dramatique est
évident dans »Le sanglier-tigre«. Les complémentaires s'exaltent
mutuellement: dans FIG 13, le sanglier bleu d'outremer est entouré de
tigres jaunes. Le jaune est si vif qu'il donne presque à l'outremer une
nuance de violet.
Fig.14. Sanglier-tigre, 161 x 128 cm. huile sur
toile. 1992. Christoffersen a raconté au sujet
des couleurs du »Sanglier-tigre«:
Fig.15. Sanglier-tigre, 167 x 134 cm. huile sur
toile. 1992. Les animaux de Provence, les taureaux noirs, les chiens, les paysages méridionaux avec la garrigue, les montagnes et la rivière, sont les nouvelles sources d'inspiration. Les sangliers surtout ont particulièrement d'importance: à l'été 1991, Christoffersen était parti se baigner avec quelques amis dans la rivière. Là, ils se retrouvèrent nez à nez avec une laie et son petit et, bien que les habitants du coin les aient prévenus, ils continuèrent à se baigner, tandis que les sangliers rejoignaient l'autre berge, à 7-8 m de là. De retour à la maison le soir, Christoffersen s'était quand même senti troublé par cet épisode et le danger que leur imprudence aurait pu leur faire courir. Cette mésaventure fut a l'origine de la série des »Sanglierstigres«. Traduction: Marianne Barbusse. |